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Un peu plus loin sur la droite de Fred Vargas


Ex-flic, Louis Kehlweiler découvre par hasard un petit os humain dans un excrément de chien.

Il note les habitudes de chaque promeneur de chien du secteur tandis que Vandoosler, son jeune archiviste, épluche les journaux pour déceler la moindre mort suspecte.
Leurs recoupements finissent par les conduire à Port-Nicolas, village perdu de la côte du Finistère, où la vieille Marie a chuté d'une falaise deux semaines auparavant.
La gendarmerie avait conclu à l'accident mais Kehlweiler refuse de lâcher le morceau.
Pour imposer son point de vue, il doit se confronter aux élus et aux notables, ainsi qu'aux rumeurs et aux rancœurs de la bourgade.
Un défi comme aime les relever Kehlweiler, cet esprit indépendant qui n'a pas peur de plonger les deux mains dans la boue.
En plus d'une enquête superbement bâtie, l'histoire est soutenue par une écriture brillante et concise, parfois en forme de confession voilée, agrémentée de dialogues truculents et de personnages délicieux et savants. Un grand plaisir. Nicolas Mesplède.


J'aime toujours autant l'écriture de Fred Vargas, c'est rythmé, incisif, vivant. Ce n'est pas la meilleure intrigue qu'elle est pu écrire, à mon avis, mais j'ai beaucoup aimé l'histoire dans l'histoire...

Confidences à Allah de Saphia Azzeddine

A qui parler quand on est pauvre, perdue, rejetée de sa famille ? Jbara, petite bergère des montagnes du Maghreb, parle à Allah. Il est, dans un monde qui ne voulait pas d'elle, son seul confident. Elle lui raconte sa vie, la misère, le mépris, son père ignorant et brutal qui la traite en servante, les hommes qui la traitent en objet, la découverte progressive du pouvoir de la beauté, la prostitution, la prison, le désir d'ailleurs : une vie semblable à tant de vies de femmes, aujourd'hui. Monologue fiévreux, porté par une rage irrépressible, que la verve et l'humour rendent encore plus acérée, Confidences à Allah est un témoignage direct, cru, sur l'oppression des femmes, mais aussi, et d'abord, le portrait d'une jeune fille résolue à exister par elle-même, et qui ne se soumettra pas.

Ce livre est un cri de révolte, contre l'injustice, la misère, la condition des femmes dans les pays musulmans, la bêtise et la cruauté des hommes, mais aussi une dénonciation morale et surtout traditionnelle de la religion. 
Le ton est peut-être un peu trop vulgaire parfois, mais le personnage de Jbara est très attachant. Je lirai dès que possible un autre roman de Saphia Azzeddine (celui-ci était son premier).

Bakhita de Véronique Olmi

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Lauréate du Premier Grand Prix des Blogueurs Littéraires (2017), Bakhita est une biographie romancée d'une jeune esclave soudanaise arrachée aux siens à l'âge de sept ans, vendue de nombreuses fois, torturée, qui deviendra grâce à une rencontre salvatrice Sainte Joséphine Bakhita. le récit du destin hors norme de cette femme courageuse, à l'enfance saccagée par la cruauté des hommes, livrée au plaisir des uns, maltraitée, déracinée, choque, interpelle, fascine. C'est douloureux d'autant plus que l'actualité affiche, encore aujourd'hui, la soumission d'êtres humains –migrants ou non – réduits à l'esclavage, victimes de barbaries sans nom.

Le style de l'auteur nous emporte, donnant vie à Bakhita dont on entend la voix, dont on pleure les chagrins. Cette petite mère noire, « Madre Moretta », méritait amplement ces lignes dont je recommande vivement la lecture. 

Chroniques de l'oiseau à ressort de Haruki Murakami

Un beau jour, la vie de Toru Okada, jeune banlieusard sans emploi, bascule pour de bon. Tout commence avec les coups de téléphone équivoques d'une mystérieuse inconnue ; puis le chat, qui s'échappe ; et le chant hypnotisant d'un oiseau perché non loin de là.
Le rêve, l'aventure, la bifurcation soudaine d'une existence toute tracée : est-on prêt, une fois dans sa vie, à tenter l'abordage des frontières inédites ?

Je suis toujours intriguée par la lecture des romans de Haruki Murakami et celle des « Chroniques de l'oiseau à ressort » ne fait pas exception. 

Toru Okada décide de démissionner d'un travail qui ne l'intéresse plus. Il fait les course, cherche son chat qui a disparu, attend sa femme pour diner. Bref, il mène une petite vie bien normale, presque banale. le tout entrecoupé de référence à des morceaux de jazz, de musique classique, de romans, bref d'un tas de référents culturels qui permettent de croire à cet univers, de se laisser glisser rapidement dans la peau du personnage principal. Puis, le mystère commence à apparaître, prendre racine subrepticement. Okada reçoit des appels anonymes. La recherche de son chat le met en relation avec une voisine étrange, May Kashara, avec une voyante énigmatique, Malta Kano, et la soeur de celle-ci, Creta Kano (qui, elle-même, a déjà connu le beau-frère de Okada, Noburu Wataya) puis enfin quelques distants parents qui ont séjourné en Mandchourie. Chacun a un passé, une histoire, qui semble se rattacher à un puzzle beaucoup plus grand que quiconque aurait pu imaginer. Tellement grand que, en tant que lecteur, on finit par se perdre. Rendu à ce point, c'est non seulement le chat mais l'épouse de Okada qui a disparu. En effet, Kumiko s'est enfuie sans laisser de trace, à part une lettre envoyée trois mois plus tard.
Finalement, du mystère on bascule tout bonnement dans un autre univers. Et c'est là que j'ai décroché. Quand Okada commence à entretenir une sorte d'amitié avec Muscade et Canelle puis à recevoir les visites de Ushikawa, l'homme à tout faire de Noburu Wataya. Ça a été trop pour moi. Chaque fois, l'auteur Murakami franchit cette fine ligne entre le réalisme magique et le fantastique. Dans ce genre d'univers si particulier, je suppose qu'il faut se laisser aller, y croire sans trop poser de questions. Dans tous les cas, je suis parvenu à me rendre jusqu'à la dernière page et je dépose le livre avec un léger gout amer. Mais, je dois me rendre à l'évidence : il s'en dégage un je-ne-sais-quoi qui m'attire car immanquablement je vais me procurer le suivant.

J'abadonne de Philippe Claudel

« D'un signe, mon collègue me fait comprendre qu'il est encore trop tôt, qu'il vaut mieux attendre encore si nous voulons avoir une chance. Les hyènes que nous sommes ne sont jamais pressées. Elles tournent des heures autour de leur proie en attendant qu'elle faiblisse et se couche. C'est pourquoi nous ne présentons notre demande que lorsque le client est allé au bout, tout au bout de son chemin. C'est quand il est bien tendre, comme dit mon collègue, qu'il faut bondir et le dépecer. Et nous bondissons. Mais aujourd'hui, je ne veux plus bondir. »

 Atmosphère obscure, lourde et violente. Violence de l'écriture de Philippe Claudel, mais surtout violence de son personnage, contre le destin, contre la société, contre son entourage, contre sa vie... contre lui-même. Il doit abandonner, s'abandonner, mais le peut-il vraiment ? Il n'est pas seul et c'est au final l'amour qui le sauve. L'amour de sa fille, pour sa fille, qui seul peut lui donner cet élan vital.

La legèreté de Catherine Meurisse

Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté.

Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté.

Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.




Catherine Meurisse aurait du être avec ces amis de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, mais elle est arrivée en retard. Ce roman graphique, montre l'effondrement, la colère, la culpabilité. Puis comme pour chasser l'impensable, Catherine Meurisse va se relever, en prenant de la distance pour se raccrocher, de ce que ces monstres ne pourront jamais nous ôter, notre soif de culture et par la même une forme de légèreté. Reprendre goût aux choses en s'éloignant, apprécier un lieu, un tableau, un moment de silence et de solitude, autant de manières pour mettre à terre la violence, pour sécher les larmes, pour montrer que quoiqu'il advienne la beauté tire toujours vers le haut. Son album est bouleversant, une victoire si infime soit elle sur la barbarie. « La légèreté » de Catherine Meurisse est tout simplement magnifique, indispensable. 

Vipère au poing d'Hervé Bazin

Ce roman, le plus célèbre de l'auteur, est aussi largement autobiographique. Comme dans l'ensemble de son œuvre, Hervé Bazin y donne les raisons de sa haine et de son combat contre toutes les oppressions familiales et sociales. Vipère au poing raconte la lutte impitoyable livrée par Brasse-Bouillon, alias Jean Rezeau, ainsi que ses frères, contre leur mère, une marâtre odieuse, calculatrice et violente. Folcoche, ainsi que ses enfants la nomment, règne avec autorité sur une famille angevine bien-pensante, ne lésinant pas sur les coups de fouet, les brimades et les humiliations. Mais Brasse-Bouillon est malin, vif et clairvoyant. Il affronte sa mère en lui tendant à son tour les pièges qui l'aideront à avoir raison d'elle.
Derrière les mots cinglants, et les scènes rudes, derrière le combat psychologique entre dominant et résistant, on découvre la lutte menée par Hervé Bazin durant son enfance. On espère que l'écriture aura été puissamment libératrice pour l'auteur, elle offre en tout cas un témoignage fort et percutant. J'ai hâte de lire la suite dans "La mort du petit cheval".

L'âme du Mal de Maxime Chattam

Pas plus que sa jeune assistante, l'inspecteur-profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision.
Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit, identique : un même rituel horrible.
Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de le cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier.
On dit au FBI qu'il s'en faudrait d'un rien pour qu'un bon profiteur aille rejoindre la galerie de ses pires clients. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?


Le suspens est bien mené tout au long de ces plus que 500 pages, et j'avoue m'être bien prise au jeu et je me suis longtemps posé des questions sur l'identité du meurtrier.
J'ai d'ailleurs trouvé l'histoire bien construite, on a peu de répit, il se passe régulièrement quelque chose pour ne pas laisser les policiers (et le lecteur) se reposer trop longtemps.

Malgré quelques explications scientifiques et techniques qui peuvent parfois être un tantinet longuettes, cela apporte un côté très réel aux crimes commis… Et là on rend compte que ce n'est pas que de la fiction… malheureusement.
D'ailleurs l'auteur lui-même signale dans le mot qu'il adresse aux lecteurs que ce qu'il raconte s'appuie sur des faits réels. Je déconseillerai donc ce livre aux âmes trop sensibles.

Le tout est un thriller palpitant qui forme la première partie d'une trilogie que j'aurai beaucoup de plaisir à poursuivre.

Eldorado de Laurent Gaudé

À Catane, le commandant Salvatore Piracci travaille à la surveillance des frontières maritimes. Il sillonne la mer, de la Sicile à la petite île de Lampedusa, pour intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Ce roman de l'exil et de l'espoir illustre le destin de ceux qui iront, quoi qu'il arrive, au bout de leurs forces, tant il est vrai que "les hommes ne sont beaux que des décisions qu'ils prennent".

Le récit relate la tragique aventure des candidats immigrants qui fuient les persécutions, les conflits et, stade ultime de la pauvreté, la misère dans leur pays pour tenter d'accéder à une vie meilleure en Europe. Chaque tentative individuelle relate une épopée qui n'est distante des récits d'Ulysse que par le temps qui les sépare, tant elles révèlent le caractère périlleux de l'aventure que le risque de la mort accompagne de part en part.

Le noeud de vipères de François Mauriac

Louis a 68 ans. Il entreprend l’écriture d’une lettre à sa femme Isabelle pour lui expliquer pour quelles raisons il a été, durant toute sa vie, aussi haineux et détestable.

Tout commence le jour où sa femme, Isabelle, lui avoue après quelques mois de mariage qu'elle a aimé un autre homme avant lui et que n'ayant pu se marié avec, elle fût très soulagée quand Louis lui demanda sa main, car elle avait peur de ne plus être "mariable".
Cet aveu fût un coup de poignard pour Louis, il devint convaincu qu'elle ne s'était pas mariée par amour mais par opportunisme. Depuis ce jour, Louis et Isabelle ne partage plus que la couche conjugale et plus aucun dialogue entre eux n'est possible.
L'arrivée d’enfants dans cette maison de Calèse ne va qu'accentuer cette haine. En fait, Louis est fou de jalousie qu'Isa soit dévouée corps et âme à ses petits.
Seuls, sa fille Marie et son neveu Luc arriveront parfois à le faire fléchir. Malheureusement, ces deux petits êtres vont disparaitre trop tôt.

Malade du cœur, Louis n'a plus beaucoup de temps devant lui et il est persuadé que ses enfants n'attendent qu'une seule chose de lui, l'HERITAGE.

Citations

"Un doute me vint, à cette minute-là. Est-il possible, pendant prés d'un demi-siècle, de n'observer qu'un seul côté de la créature qui partage notre vie ? Se pourrait-il que nous fassions, par habitude, le tri de ses paroles et de ses gestes, ne retenant que ce qui nourrit nos griefs et entretient nos rancunes ? Tendance fatale à simplifier les autres" 
" Deux vieux époux ne se détestent jamais complètement."
Bien que Louis soit un personnage odieux, on éprouve une grande compassion pour lui. C'est un homme qui n'a connu que l'aversion, rejeté par sa famille, terriblement seul. Bien sûr, on peut difficilement lui pardonner son avarice, mais il aurait été certainement charitable envers les siens, si on l'avait un tant soit peu aimé !

L'adversaire d'Emmanuel Carrère



Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même.

L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien.

Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence.

D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du jura.

De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous. 
Effectivement, comment ne pas être touché, interloqué, effaré, par ce "fait divers".

Un avion sans elle de Michel Bussi

Lyse-Rose ou Emilie? Quelle est l'identité de l'unique rescapé d'un crash d'avion, un bébé de trois mois?

Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule. Dix- huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame?

Un roman lu rapidement et avec avidité! L'intrigue est rapidement posée, le lecteur jongle entre les différents personnages, les différentes époques, sans jamais être perdu. J'ai été prise de bout en bout, surprise par le déroulement...et c'est particulièrement agréable.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker

À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois.

Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l'américaine, La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l'Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.



Chef d'oeuvre ou pas? Les avis semblent diverger. Pour ma.part j'ai adoré lire ce roman, sur mon transat en vacances. Un roman est un livre qui nous permet de nous évader et celui ci là fait et avec brio en plus. Il a été primé...mérité pas mérité ...ça n'est pas mon problème, il a rempli sa fonction de roman. Alors oui, il y a des clichés, oui il y a des mièvreries et après? On se prend à vouloir élucider cette affaire, on ne lâche plus ce livre, on veut savoir...et puis l'on sait et on est heureux et un peu triste aussi de refermer ce livre. Alors oui je le répète, c'est un excellent roman propice aux vacances et au besoin d'évasion.

L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas

"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?"
Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort. Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.

 Le début est un peu complexe, j'ai eu un peu de mal à me mettre dedans. Le livre devient intéressant à partir du second meurtre, le style devient plus rythmé, le suspense se met en place et on a littéralement envie de connaître la fin. C'est vraiment à partir de là que tout s'enchaîne, je ne voyais plus les pages passer. Une fin inattendue comme dans tous les bons policiers !

Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.

Moi ne n'ai rien fait, et lorsque j'ai su ce qui venait de se passer, j'aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu'elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m'ont forcé: "Toi, tu sais écrire, m'ont-ils dit, tu as fait des études". J'ai répondu que c'étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d'ailleurs, et qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Ils n'ont rien voulu savoir: "Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses.

Ça suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s'embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront".

Je suis tombée sous le charme de ce livre, dès les premières pages. Sous couvert d'un rapport administratif, Brodeck nous dépeint sans concession la lâcheté humaine, qu'elle soit la sienne propre face à l'impitoyable réalité des camps ou vis-à-vis de l'étranger, celle du curé qui tente d'oublier dans le vin le contenu des confessions dont il a la charge, celle de ce village où l'on reconnait tous les villages. P. Claudel démonte la mécanique qui amène à dénoncer son voisin, les hontes partagées, qu'il faut cacher à tout prix, surtout quand le regard de l'Autre menace de nous les dévoiler en plein jour. Il dénonce également l'intolérable intolérance faite aux étrangers, aux différents, en condamnant les modes de fonctionnement des petits villages bien de chez nous. Enfin, il fait la part belle à l'humanisme, et à l'espoir de pouvoir faire autrement.

L’ÂME DU MONDE de Frédéric Lenoir




Un conte initiatique lumineux qui touche le cœur autant que l'intelligence.
Quelle force mystérieuse a poussé sept sages – un lama tibétain, un moine chrétien américain, une mystique indienne, un kabbaliste israélien, une philosophe néerlandaise, un maître soufi africain, une chamane de Mongolie, un maître taoïste chinois – à se réunir à Toulanka, monastère perdu du Tibet ?
Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, ils sont venus transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés fondamentales de la sagesse. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, leur message philosophique et spirituel répond aux questions cruciales que se pose tout être humain : Pourquoi suis-je sur terre ? Comment réussir ma vie et être heureux ? Comment passer de la peur à l'amour ?
Loin des croyances dogmatiques, ils ouvrent le chemin simple et concret d'un humanisme spirituel qui aide à vivre.



Il se lit en quelques heures, et vous transporte au cœur des savoirs philosophiques et religieux essentiels, ceux qui transcendent les dogmes et les rituels des principales religions et écoles de pensées de toute l'histoire des hommes. En somme, un court manuel de savoir-être et de savoir aimer, ou comment apprendre à être heureux. Rien que ça, tout simplement.
Donc un manuel pratique de savoir vivre sa vie, à mettre entre toutes les mains. Autour d'un scénario qui évoque à la fois Tintin au Tibet et Malevil, Frédéric Lenoir, dans son style fluide et parfaitement maîtrisé, nous dévoile les sept points principaux qui résument l'essentiel de la sagesse humaine, en un effort de synthèse des enseignements des diverses religions et écoles de pensées du monde, sans jamais citer aucune référence ou auteur particulier.
L'Âme du monde, selon une formule empruntée aux philosophes grecs antiques, c'est pour les uns Dieu, pour les autres, le Dharma, le divin, le Tao, l'absolu … C'est la présence dans l'Univers d'une force mystérieuse et bonne qui maintient l'ordre du monde. On trouvera donc entre ces lignes, parsemé de contes et de paraboles poétiques et efficaces, une batterie de préceptes de la bonne vie que ne liront sans doute que ceux qui ont sinon la foi, du moins une certaine conscience de ce qui nous tracasse sur la connaissance, la sagesse.

Charlotte de David Foenkinos

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant: "C'est toute ma vie." Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.
 

Sans embellir les faits, le texte en forme de long poème, redonne vie à l'œuvre de Charlotte Salomon, morte en camp de concentration. La forme originale de ce portrait porté par une profonde admiration pour cette jeune artiste, donne un caractère intime à sa prose. La quête de David Foenkinos pour retrouver les traces de Charlotte est bouleversante et son empathie pour elle, est particulièrement communicative…

No et moi de Delphine de Vigan

Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semble qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiple les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu’au jour ou elle rencontre No, une jeune fille a peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigue, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’ abri.

J'ai beaucoup aimé la sensibilité et l'intelligence des personnages, on s'y attache très vite et on vit à travers eux de grandes émotions. Contrairement à beaucoup de critiques que j'ai lues, je ne trouve pas ce roman léger, frais ou naïf mais bien au contraire, très dur et réaliste... Un auteur que je vais suivre.

L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle

Imaginez...
Vous êtes en vacances à Bali et, peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où...
Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas heureux.
Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves.


Ce livre fait vraiment du bien. Je vous le conseille, en tous les cas, c'est un livre que je vais facilement offrir.

Maus d'Art Spiegelman

Meilleur album étranger - Angoulême 1988 et 1993.
Art Spiegelman retrace le destin de ses parents, juifs polonais déportés par les nazis, entre 1939 et 1945. Maus, auquel l'auteur a consacré treize ans de sa vie, est aussi le récit de retrouvailles entre un père et un fils après des années d'incompréhension. Bande dessinée exceptionnelle par son sujet, Maus l'est aussi par son audience. Récompensée par le prestigieux Prix Pulitzer en 1992, l'œuvre de Spiegelman a séduit le public au-delà des amateurs de BD en apportant la preuve de la capacité du genre à s'emparer des thèmes les plus ardus. Indispensable. Histoire complète en 2 volumes, à lire dans l'ordre, ou en intégrale.

J'ai refermé le livre... et sûr, celui-ci, je ne l'oublierai pas. Comme beaucoup d'ouvrages qui traitent du nazisme et de l'extermination des juifs, celui-ci est bouleversant. Sa particularité tient dans le fait que c'est une BD : l'approche est différente et remarquable.
A lire absolument.